. Interludio

Arrivés au milieu de la nouvelle, avant le diner de Bor chez Mochè Luzzato, ne serait-il pas temps de prendre un petit moment musical, une pause chants, un intermède mélodieux… Les productions sur le thème des corbeaux sont nombreuses et toutes souvent très intéressantes.
Voici mes choix, commençons par l’inévitable :

Léo Ferré – Les Corbeaux d’Arthur Rimbaud



Poursuivons par la nostalgie :

Marcel Mouloudji – Les Corbeaux


Et puis une touche plus pompière :

« Le vieux corbeau » de Pierre Louki


Et enfin une incontournable romance populaire anglaise qui date de 1611 :

The Three Ravens – Andreas Scholl

THE THRE RAVENS
Il y avait trois corbeaux posés sur un arbre.
Ils étaient aussi noirs qu’ils pouvaient l’être.
L’un d’eux dit à son compagnon :
«Où prendrons-nous notre déjeuner ?
– Là-bas dans ce champ vert,
Il y a un chevalier tué couché sous son bouclier.
Ses chiens sont couchés à ses pieds,
Si bien qu’ils peuvent garder leur maître.
Ses faucons volent si farouchement
Qu’aucun oiseau n’ose venir près de lui.
Une biche fauve arrive là-bas
Aussi enceinte que possible».
Elle souleva sa tête ensanglantée
Et baisa ses blessures qui étaient si rouges.
Elle le mit sur son dos
Et l’emporta vers une fosse en terre.
Elle l’enterra avant l’aube.
Elle était morte elle-même avant l’heure des vêpres
Que dieu envoie à chaque gentilhomme
De tels faucons, de tels chiens et une telle amante.
Thomas Ravenscroft

(à suivre)
Esquisse (1)

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25 réflexions sur “. Interludio

  1. leurs allures altières force le respect , magnifiques qu’ils sont sous ta plume , et l accompagnement musical une belle offrande , on est gatééééééééééééééééééé un régal
    malikakikidimerci

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    1. Gâté, tu crois ? Je ne voudrais pourtant pas rendre mon public gâteux… Mais une petite gâterie, un petit gâteau de temps en temps ne peut pas faire de mal, n’est-il pas ???

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      1. tout à fée , tout à fée dans ce labyrinthe onirique ou l absinthe s’invite elle aussi chez Mochè et BOR qui n en perd pas une goutte , et « gateux » comme Mochè , oui ça fait vraiment pas de mal , je reprend une part ,et moi je n ‘en perd pas une miette.

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        1. J’entends bien Momo, le Mochè dire cette citation de M. Nobody : « À mon âge les bougies coûtent plus chères que le gâteau. Je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur de ne pas avoir assez vécu. Il faudrait marquer en grand sur tous les tableaux des écoles du monde : la vie est une cours de récréation sinon elle n’est rien… »

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  2. Mille merci pour ses trois morceaux de bonheur hors du temps. Le moins touchant des trois, pour moi, est Mouloudji dont l’interprétation est toujours empreinte d’un peu d’affectation voire de grandiloquence – mais c’est très chouette quand même ! Léo Ferré-Rimbaud… Lorsque la musique comprend aussi bien les mots et vice-versa, c’est renversant…
    La chanson en Anglais est magnifique – le deuxième refrain, en particulier, presque ironique dans l’extrême et superbe mélancolie qui se dégage de cette musique et de ces mots (et la traduction est bienvenue car mon niveau en Anglais…)
    Manuel Gautier

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  3. Ravages et batailles, les corps morts de la guerre pour les corbeaux de la terre. Un envol funèbre dans le ciel qui tourbillonne. Comment une époque aussi troublée et sanglante que le 17ème anglais a pu engendrer cette suave musique?

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    1. Dans la série Ravages, Guerres et Conneries Humaines… Une chanson révolutionnaire contre la guerre…- «La carmagnole des corbeaux» de Jules Jouy (1885), interprétée par Simone Bartel.

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    1. Non a Luzzatto parlare francese, anche se il nome e le sue origini possono ingannare la sua specialità e in aggiunta è l’intermezzo secco inchiostro linguine … Ma io posso dire senza problemi in diversi pannolini : Interlude, intermedio, i huaj, интерлюдия, 幕間, etc…

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  4. Coucou Gilles, vraiment sympa cette idée, je me suis passée 3 fois de suite la ballade, superbe… et puis je voudrais bien voir tes dessins.
    J’ai retrouvé le passage de Gide sur les attentes. J’aime relire souvent ce texte, c’est un peu long mais je te le copie quand même, je suis certaine que tu vas apprécier cette écriture. Bizz, et à Domi aussi of course.
    O*
    « Nathanaël, je te parlerai des attentes. J’ai vu la plaine, pendant l’été, attendre ; attendre un peu de pluie. La poussière des routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n’était même plus un désir ; c’était une appréhension. La terre se gerçait de sécheresse comme pour plus d’accueil de l’eau. Les parfums des fleurs de la lande devenaient presque intolérables. Sous le soleil tout se pâmait. Nous allions chaque après-midi nous reposer sous la terrasse, abrités un peu de l’extraordinaire éclat du jour. C’était le temps où les arbres à cônes, chargés de pollen, agitent aisément leurs branches pour répandre au loin leur fécondation. Le ciel s’était chargé d’orage et toute la nature attendait. L’instant était d’une solennité trop oppressante, car tous les oiseaux s’étaient tus. Il monta de la terre un souffle si brûlant que l’on sentit tout défaillir ; le pollen des conifères sortit comme une fumée d’or des branches. – Puis il plut. »

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    1. Très content d’avoir te tes nouvelles, Georges.
      Ravi de maintenir le contact avec les vieux amis, par ces blogs qui sont un peu le reflet de notre cheminement actuel…

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  5. Cher Gilles,
    Merci pour tous tes envois;
    je vais attendre les vacances pour « me plonger » dans la lecture;
    Je vois que tu ne restes jamais inactif…
    à bientôt,

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    1. Bonjour Elisabeth,
      Merci pour ce commentaire.
      Après ton plongeon dans cette nouvelle, j’attendrai avec impatience de tes « nouvelles » en espérant que tu ne te sois pas noyée…
      « Vous êtes un noyé… Non, je ne me suis pas noyé, je suis un noyer, l’arbre !… Nous avons bien ri, le fou-rire quoi. » (Plume d’ange de Claude Nougaro, voir épisode 5 du Pacte de Bor).
      Bises, Gil

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  6. Sinon ton texte a réveillé en moi le souvenir violent de corbeaux crucifiés sur des portes de ferme. Je l’ai vu. Et le joli souvenir d’un bébé corneille atterri chez nous que nous avons essayé de protéger tout en le gardant à l’extérieur. Il venait vers moi piqueter, suçoter mes pantoufles. La petite corneille a mystérieusement disparu deux jours après sa découverte. Apparemment ces bébés corneilles s’apprivoisent facilement mais ce n’est pas leur rendre service.
    Allez à la suite des aventures!… Merci pour l’Interludio plein de belles images et de références intéressantes comme toujours.
    Amicales bises.
    Régine

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  7. sur ma palette, du noir d’ivoire, noir de charbon, noir de bitume,noir de mars….devant la toile blanche, à hésiter à prendre mon envol, je me contente de sautiller lourdement comme le corbeau, ça effraie tous les moineaux qui s’envolent….Et m’éloigne de la bouteille à peine entamée.Marie

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  8. Ah Marie ! Je te vois bien devant ta toile immaculée, je te vois ton pinceau en plumes de corbeaux à la main. D’un geste auguste, majestueux, noble et solennel déposer la teinte noire de vague à l’âme et écrire en lettres ébènes : MALICORNE.
    Et de manière magique une musique sort du tableau… Ecoute, écoute Marie…

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    1. C’est vrai je n’avais pas remarqué cette similitude dans les morceaux entre l’Opéra et celui-ci, j’adore ces musiques qui font très Cabaret…
      En voici une superbe…

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