Les Corneilles d’Émile

« Impossible de retrouver le poème d’Émile Verhaeren que j’ai appris à l’école !
En voici un autre : »

Les corneilles

Le plumage lustré de satins et de moires,
Les corneilles, oiseaux placides et dolents,
Parmi les champs d’hiver, que la neige a fait blancs,
Apparaissent ainsi que des floraisons noires.

L’une marque les longs rameaux d’un chêne ami ;
Elle est penchée au bout d’une branche tordue,
Et, fleur d’encre, prolonge une plainte entendue
Par le tranquille écho d’un village endormi.

Une autre est là, plus loin, pleurarde et solitaire,
Sur un tertre maussade et bas comme un tombeau,
Et longuement se rêve en ce coin rongé d’eau,
Fleur tombale d’un mort qui dormirait sous terre.

Une autre encor, les yeux fixes et vigilants,
Hiératiquement, sur un pignon placée,
Reste à l’écart et meurt, vieille et paralysée,
Plante hiéroglyphique en fleur depuis mille ans.

Le plumage lustré de satins et de moires,
Les corneilles, oiseaux placides et dolents,
Parmi les champs d’hiver, que la neige a faits blancs,
Apparaissent ainsi que des floraisons noires.

« Dommage que tu n’as pu retrouver ton poème d’enfance, mais faut dire, il en a écrit tant et tant…
Pourtant moi tu me fais découvrir et le poète, grand ami de Stefan Zweig et le poème qui me plait beaucoup.
Merci Djodjo.
PS : Et en prime cette magnifique corneille sculptée par Hasan Novrozi »
La sculpture est un art à part entière comme le montre le sculpteur Hasan Novrozi. Cet artiste installé en Iran crée en effet une collection de sculptures d’animaux en fer, d’inspiration steampunk (rétrofuturiste). Il en ressort des oeuvres pleines de vie et d’émotions.